Périple pour une Culture de Paix du 28 mai au 7 juin 2014

Selon la définition des Nations Unies, la culture de la paix est un ensemble de valeurs, attitudes, comportements et modes de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s'attaquant à leurs racines par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les Etats.

Le périple pour une Culture de Paix à travers la Suisse organisé par AISA ONG Internationale, AISA Suisse en collaboration avec les associations Compostelle-Cordoue et Reconstuire Ensemble a produit un bilan positif. Près de 500 personnes ont participé aux différentes rencontres à Berne, St-Maurice et Sierre qui ont permis de tisser des liens. Il est essentiel de remplacer la culture de violence par une Culture de Paix. 

 

La Culture de Paix est la base pour construire la société du mieux vivre ensemble.

 

 

 

Cheikh BentounesLe Cheikh Khaled Bentounes, leader spirituel de la voie soufie alâwiyya, était de passage en Suisse du 28 mai au 7 juin 2014 afin de parler de la Culture de Paix pour favoriser le mieux vivre ensemble.

 

A Genève, il a rencontré le groupe de travail "Islam" de la conférence des Evêques présidé par Mgr Pierre Farine, Evêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg.

 

Lors de cette rencontre, le Cheikh Bentounes a mis l'accent sur ce qui nous rassemble comme les valeurs humaines de charité, d'amour du prochain, la recherche du bien et du beau qui sont inscrits dans tous les messages spirituels. Il a insisté sur le fait que l'Islam n'est pas un catalogue de prescriptions, mais qu'il existe un islam spirituel, libre et responsable. Aujourd'hui nous assistons à une humanité en pleine mutation et il est important de comprendre que la spiritualité appartient à tous, chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, croyants, et non-croyants. Le Cheikh Bentounes a rappelé que la prière est "cet axe qui nous relie à l'absolu" et qu'aucun être humain n'existe sans ce souffle divin. Il a également rappelé que la liberté de croire ou de ne pas croire est inscrite dans le Coran.

 

Ensuite, le Cheikh Bentounes a rencontré la déléguée à l'information de l'Eglise catholique romaine de Genève, puis des représentants des médias dont la Radio Suisse Romande et le Temps, média suisse de référence.

 

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Le samedi 31 mai 2014, le Cheikh Bentounes a visité le Palais fédéral en compagnie du Conseiller National Jacques Neyrinck et de Samir Frangié, politicien libanais. Ils étaient accompagnés d'une délégation suisse et libanaise.

 

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Marche pour la paixMarche pour la paix

 

De la Suisse, pays où un Saint homme Nicolas de Flüe a prêché l'unité de ses cantons, une marche pour la paix a été organisée. Elle est partie de son ermitage à Flüeli-Ranft pour rallier Berne, la capitale. Le Cheikh Bentounes et d'autres personnalités, notamment S. E. M. Mohamad El Harake, Ambassadeur du Liban en Suisse, ont accueilli dans l'Eglise française de Berne le groupe de marcheurs, 25 hommes et femmes, de cultures et de traditions différentes. Ce fut un moment rempli d'émotions.

 

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Message au Président de la Confédération helvétique

 

Les marcheurs ont remis au Président de la Confédération - représenté par un Ambassadeur - le message de paix envoyé jadis par Nicolas de Flüe aux Bernois et une invitation du Cheikh Bentounes à l'alliance des groupes humains.

 

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Table ronde "Rôle des institutions politiques pour maintenir la paix dans une société multiculturelle", le samedi 31 mai 2014 à Berne

 

Une table ronde animée par Christine Perregaux, a donné la parole au Conseiller National Jacques Neyrinck, à Samir Frangié et au Cheikh Bentounes. Pour Jacques Neyrinck la vraie démocratie, c'est le respect de la minorité. "La diversité culturelle de la Suisse est extraordinaire. Je suis dans une minorité et je vais essayer de respecter les autres." Il a suggéré de pratiquer le gain de paix: "Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je vais me ranger à votre opinion par gain de paix".

 

Table rondeTable ronde

 

Samir Frangié a relevé une chose essentielle par rapport au Liban: "La violence, c'est l'absence de lien. C'est la raison pour laquelle, il faut construire ensemble l'avenir. D'où l'importance pour chaque individu de faire un travail sur soi et de dire aux pacifistes du monde entier: Unissez-vous pour ne pas vous retrouver piégés par la violence des autres. Il y a une nouvelle culture à élaborer. La politesse est aussi une manière de conjurer la violence, de la limiter."

 

Et le Cheikh Bentounes de proposer: "Nos lois doivent reposer avant tout sur l'intérêt général." Il a insisté sur le fait que la paix a un prix: "Ce prix, c'est notre propre investissement. La paix est un nom divin. Comment lui donner un corps, une réalité?"

 

Après ce passionnant débat, la journée "Planter la Paix" fut clôturée par un magnifique concert de la cantatrice Patricia Atallah.

 

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Journées "S'engager à construire la Paix", 2 & 3 juin 2014, St-Maurice

 

Une centaine de personnes en provenance de plusieurs pays dont le Liban, l'Algérie, le Maroc, la France, la Belgique, la Turquie et la Suisse ont participé aux journées de réflexion "S'engager à construire la paix de part et d'autre de la Méditerranée", qui ont eu lieu au Foyer franciscain de Saint-Maurice (VS) les 2 et 3 juin 2014.


Il en ressort que le dialogue est une condition indispensable pour créer des liens entre les êtres humains afin de construire la paix. La paix se construit pas à pas, en chacun de nous et autour de nous. Elle est une nécessité pour favoriser le bien-vivre ensemble. Le programme a été mis sur pied par plusieurs associations en collaboration avec AISA ONG Internationale et AISA Suisse: Reconstruire Ensemble, Compostelle-Cordoue, Thérapie de l'âme, Association Ferdinand Gonseth et l'Association pour la promotion du dialogue interculturel et interreligieux. 

 

Ces journées ont été une source d'inspiration pour concrétiser la paix au quotidien par des actions dont voici quelques pistes :


1. lancer une pédagogie de paix pour les jeunes
2. faire une cartographie des actions qui existent déjà
3. mettre l'art et la culture au service de la paix
4. poursuivre des marches pour la paix
5. lancer une journée du mieux vivre ensemble
6. proposer un onglet "Culture de Paix" sur les sites internet des associations

 

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Rencontres Orient-Occident, Château-Mercier, Sierre

Concert à trois voix le 6 juin 2014

 

Intervention du Cheikh Bentounes avec Mgr Joseph Roduit, Abbé de St-Maurice et le Grand Rabbin Guedj. Le débat était animé par le Prof. Albert de Pury qui a présenté le Cheikh Bentounes comme un des grands maîtres du soufisme de notre temps. Il a ajouté "Le soufisme est dans l'islam ce qui est le plus ouvert."

 

AISA SuisseLa salle archi-comble a abrité cette rencontre à trois voix que le Prof. de Pury a débuté de façon magistrale en partant de l'ancien testament où l'être humain est instauré comme roi de la création; où il s'agit de penser le Tout, non seulement la communauté des humains, mais aussi de tous les êtres vivants. Il a terminé par le Coran, sourate 114 qu'il a récité en arabe "Je demande la protection du Seigneur des hommes, du Roi des hommes, du Dieu des hommes".

 

Le Cheikh Bentounes a indiqué que le dialogue interreligieux n'est pas une négociation. On n'a rien à négocier. Il a souligné que le dialogue interreligieux est une nécessité dans une Humanité digne de ce nom. Nous sommes des témoins. Il s'agit de trouver le lieu en nous pour que surgisse le lien, la conscience de l'être humain. Son souhait est que chacun parte avec une vision clairvoyante.

 

Dans son intervention, le Cheikh Bentounes a rappelé que la Méditerranée n'est pas qu'une mer avec de l'eau. C'est une mère de civilisation, une mère porteuse d'espérance pour les civilisations de demain. Il partage cette vision de mère vivante, de sagesse et de spiritualité. Peut-être le moment est-il venu de faire l'inventaire afin de bâtir cette société du mieux vivre ensemble ? Nous sommes condamnés à vivre ensemble. En revanche, le mieux vivre ensemble est un choix.

 

Mgr Roduit explique qu'un des buts du christianisme, c'est de s'humaniser et que le coeur se réchauffe par l'Ecriture. Il a rappelé que les 2/3 de la Bible, proviennent de l'Ancien Testament. Monseigneur a aussi indiqué l'importance capitale de la Résurrection et a invité chacun et chacune à cheminer ensemble sur les traces de Jésus, l’homme.

 

Quant au Rabbin Guedj, il précise "Souvent dans le dialogue interreligieux ce sont des gens modérés qui rencontrent des gens modérés et qui discutent de façon modérée". Les pesanteurs du dialogue viennent des marges de la société. On ne peut pas répondre à l'intégrisme par l'invocation de la tolérance. Les intégristes sont comme un mollusque: très mous à l'intérieur et une carapace à l'extérieur, sans spiritualité. Les leaders spirituels ont une immense responsabilité. Si nous étions capables de répondre à ces jeunes? C'est pourquoi il faut une alliance des spiritualités. "Je rêve d'un lieu où les spirituels des différentes traditions soient ensemble pour réfléchir et dialoguer. Dans ce lieu-là, il y aurait une place pour le dialogue interreligieux". Il cite en exemple le Père Maximilien Kolbe qui a donné sa vie pour un père de famille.

 

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La pleine conscience, une clé ?
Le Rabbin Guedj, inspiré par le bouddhisme, nous dit: "Si on s'habituait à vivre en pleine conscience, à manger, à vivre en pleine conscience, à vivre chaque instant dans la présence, alors on s'ouvrirait à l'Amour qui nous inonde. Quand on arrive là, on est incapable de violence. C'est une éducation de tous les jours."

 

Le Cheikh Bentounes parle du dialogue inter-civilisationnel. "Si nous restons figés, cloîtrés, paralysés par des peurs, des images, nous n'avancerons nulle part. On ne règle plus les problèmes que par la violence. Il faut remplacer la culture de violence par la Culture de Paix."

 

Gabrielle Nanchen mentionne le Tweet du Pape en trois mots: "Pardon, s'il te plaît, merci."

 

Conclusion : il faut avoir le courage de dire les choses.
Si on est serein avec sa parole on peut aller loin dans le dialogue.

 

Bilan de ce Périple pour une Culture de Paix

 

Du coeur de l'Europe, la Suisse a un rôle très important à jouer en matière de paix dans le monde.

 

Plus de 500 personnes ont participé aux différentes rencontres, à Genève, à Berne, à St-Maurice et à Sierre. Des graines de paix et d'espérance ont été semées. Construisons le monde de demain l'un avec l'autre et non pas l'un contre l'autre.

 

 

L'intellectuel libanais Samir Frangié a publié dans le journal l'Orient le Jour un playdoyer pour une "Intifada" de la paix au Liban.

 

"Que faire pour affronter la folie en cours ?

 

Il nous faut tout d'abord tisser des liens entre tous ceux qui, dans toutes les communautés, refusent la violence et sont prêts à mener ensemble la bataille contre tous les extrémismes.

 

Il nous faut aussi soutenir l'action de la société civile qui se mobilise à nouveau contre toutes les formes de violence comme en témoignent la lutte pour le mariage civil, le combat mené contre la violence faite aux femmes, les marches organisées à Tripoli pour mettre un terme aux affrontements communautaires, le travail de réconciliation entre d'anciens adversaires, officiers de l'armée et des Forces libanaises, la reconstruction, à l'initiative d'associations civiles, de zones détruites à Saïda et à Tripoli, les combats menés pour la liberté d'expression, l'appel de personnalités chrétiennes et musulmanes à la neutralisation du pays, etc.

 

Il nous faut également jeter les bases d'une nouvelle culture, une culture de la paix et du vivre-ensemble, qui puisse apporter une réponse à la question fondamentale qui se pose à nous tous, aussi bien au Liban que dans le monde arabe : comment « vivre ensemble » égaux dans nos droits et nos devoirs, différents dans nos multiples appartenances et solidaires dans notre recherche d'un meilleur avenir pour nous tous, chrétiens et musulmans ?"

 

Samir Frangié

 

Voir l'article en entier ici.

 

Prière pour la Paix, Pape François

Seigneur Dieu de paix, écoute notre supplication !

 

Nous avons essayé tant de fois et durant tant d’années de résoudre nos conflits avec nos forces et aussi avec nos armes ; tant de moments d’hostilité et d’obscurité ; tant de sang versé ; tant de vies brisées, tant d’espérances ensevelies… Mais nos efforts ont été vains. A présent, Seigneur, aide-nous Toi ! Donne-nous Toi la paix, enseigne-nous Toi la paix, guide-nous Toi vers la paix. Ouvre nos yeux et nos cœurs et donne-nous le courage de dire : ‘‘plus jamais la guerre’’ ; ‘‘avec la guerre tout est détruit !’’. Infuse en nous le courage d’accomplir des gestes concrets pour construire la paix. Seigneur, Dieu d’Abraham et des Prophètes, Dieu Amour qui nous a créés et nous appelle à vivre en frères, donne-nous la force d’être chaque jour des artisans de paix ; donne-nous la capacité de regarder avec bienveillance tous les frères que nous rencontrons sur notre chemin. Rends-nous disponibles à écouter le cri de nos concitoyens qui nous demandent de transformer nos armes en instruments de paix, nos peurs en confiance et nos tensions en pardon. Maintiens allumée en nous la flamme de l’espérance pour accomplir avec une patiente persévérance des choix de dialogue et de réconciliation, afin que vainque finalement la paix. Et que du cœur de chaque homme soient bannis ces mots : division, haine, guerre ! Seigneur, désarme la langue et les mains, renouvelle les cœurs et les esprits, pour que la parole qui nous fait nous rencontrer soit toujours « frère », et que le style de notre vie devienne : shalom, paix, salam ! Amen.

 

8 juin 2014